Le Fredus Nice 06 Oh c beau ca! la pierre se marrie bien avec le fond! 4*
rêve inquiétant; inquiété par le rêve...
amicalement à vous deux.
L'interprétation hâtive d'un rêve serait en fait une manière de réduire sa signification à la simple addition de ses symboles... Ici les symboles sont la statue de l'ange, et le fond d'un probable jardin sur lequel il se découpe assez violemment... D'autres symboles moins visibles structurent l'ensemble du "rêve", je veux parler de cette petite contraction, cet effet loupe, et le contraste des couleurs... Cependant ici il ne s'agit pas d'un rêve, il est donc inutile d'aller chercher plus loin un possible sens dans une altération nocturne des souvenirs... Ici il s'agit donc d'image, celle que vous avez vu et composé Christian (et Dominique ?), et celle que nous spectateurs, voyons. Je ne vais alors pas me risquer à l'interpréter pour en tirer une quelconque signification, car à l'évidence je ne connais rien de vos rêves ni de vos vies, mais je peux au moins parler des miens ?
Je n'ai jamais rêvé d'ange, j'ai cependant assez souvent rêvé de jardins, de jardins très sombres, certainement pas marqués aussi violemment par la couleur que vos branchages prennent... Peu m'importe la signification symbolique du jardin, je ne retiendrais que son foisonnement de feuilles et d'herbes, ses probables animaux cachés dans ses ombres, je retiendrais aussi ses chemins dissimulés sous des tapis de mousse, et son portail, car oui il doit y avoir portail pour en sortir, puisque nous sommes d'accord, il s'agit bien d'un jardin, et pas d'une forêt...
Inutile de tartiner ma vie dans l'image d'un jardin, cela n'intéresse personne, pas même moi, j'ai juste envie de me perdre dans votre image, de risquer de me couper, de me cogner à une trop difficile réalité, c'est en tout cas de cette manière que j'aborde l'oeuvre d'une manière générale...
C'est la même musique qui passe dans le casque, que celle que j'écoutais lorsque j'ai eu à écrire à propos d'une création de Cyril (peindre le fleuve), le même jazz trop cool que vous n'aimez peut-être pas, vous que je sais amateur de ce type de musique... Mais dans son évidente douceur, ce jazz là vient mettre en évidence le grand trouble que suggère votre image, comme en le surlignant d'une marque fluorescente, marque du même type que celles qui balafrent les livres des étudiants pour faire ressortir le passage le plus essentiel... Est-ce que Kurt Elling parviendrait à faire surgir l'essentiel de votre image ?, non, je pense qu'il en exagère surtout les traits les moins saillants, car l'essentiel se trouve déjà là, bien visible...
L'essentiel est peut-être le visage de cet ange qui, pour le moment, est caché par la fenêtre ou je saisis ce texte... Mon texte aurait-il alors la prétention de venir effacer la substance de cette photographie ? Non, il vient juste s'y calquer en transparence, car c'est bien entre les lignes et les lettres qu'il faudra y (re)trouver votre image, et ce fameux visage...
Je bouge la fenêtre pour revoir l'expression figée dans une espèce d'état de béatitude hébétée, et je pense alors que l'essentiel ne se trouve plus dans ce visage, mais plutôt dans ces yeux qui semblent regarder hors champ... Je suppose que cette idée fera frémir pas mal de "photographes", celle que le réel intérêt se trouve souvent en dehors de leur création, mais je pense qu'il serai dommage de se sentir offusqué devant cette possibilité extrême, car cadrer revient à trancher dans le panorama du réel, à sélectionner pour mettre en évidence...
Donc pas d'interprétation trop hâtive, et n'allons pas dire que votre mise en évidence ici s'arrête à celle de la composition d'une statue sur fond fluorescent, mais d'avantage à celle supposée, terriblement présente dans tous les imaginaires et tous les inconscients humains... Alors pour revenir à l'idée de l'essentiel dans le hors champ, j'avais envie d'ajouter que le bon cadrage en photo (comme en peinture, et au cinéma...), ne se borne pas à entourer la chose visible, mais aussi et surtout, LES choses en dehors de ce même cadre... Cela signifie qu'il faut savoir montrer, et faire imaginer l'ailleurs, la vaste étendue d'un jardin qui jamais ne sera vu et jamais ne sera montré, peut-être ce jardin d'Eden ?
Amicalement
L.B.
Oh c beau ca! la pierre se marrie bien avec le fond! 4*